Filmer de la danse avec une VariCam LT par le DoP Steeve François

Voilà presque 3 ans que j’assure la direction photo des spectacles de " 3e étage", un groupe de solistes et danseurs de l’opéra de Paris, dirigé par Samuel Murez. Je me trouve toujours confronté aux mêmes contraintes techniques : des dynamiques très élevées, des tableaux hétérogènes en lumière avec des contrastes énormes, ou des scènes en basses lumières, voire des lumières à aller chercher lors des répétitions.

C’est pour cette raison que lorsqu’est sortie VariCam 35 et son double circuit 800/5000 iso, j’ai tout de suite proposé à Samuel Murez et Luc Bara de Panasonic France de faire un film très court du spectacle « Tchaikovsky, Récits Du Royaume Des Songes » du danseur étoile Josua Hoffalt.  Le film a bien plu et lors de la sortie de la VariCam LT Luc Bara m’a proposé de faire un film un peu plus long, cette fois-ci sur le spectacle « Désordres ».

Pour cela j’ai choisi de tourner en gain négatif à 3200 iso sur le circuit 5000 pour plusieurs raisons:

  • La première fois que j’ai tourné avec la VariCam 35 je l’avais fait en 5000 iso et j’avais constaté une montée de bruit dans les situations les plus critiques en termes de luminosité et puisque la VariCam LT propose le gain négatif, autant avoir un signal très propre dès l’enregistrement et éviter de traiter le bruit en post-production.
  • Avant la sortie de la VariCam je tournais habituellement en F5 à 2000 iso, avec la VariCam je gagne donc un bon demi- diaph ce qui aide pour la mise au point en temps réel en grand capteur et ce qui permet aussi d’exploiter le 25/300 (que Fujinon nous avais prêté) à des ouvertures où ce type d’optique offre son plein potentiel (entre 4 et 8).
  • Pour les scènes très sombres, 3200 iso est un réglage vraiment confortable d’autant que c’est facile de « relever » les basses lumières avec la VLOG.

Nous avons donc tourné en Log en 4K 50p 4:2:2 10 bit, et bien sur le 50p est idéal pour restituer la temporalité de la danse.

La seule inconnue était la nouvelle technologie de la VariCam LT pour de-Bayeriser le 4K/50p et je dois dire qu’il est impossible de voir une différence avec la VariCam 35.

Je n’ai pas pu mesurer la dynamique faute de temps mais j’ai tout de même eu l’occasion de constater qu’elle est effectivement très élevée (14 diaph données constructeur).

Son poids est deux fois inférieur à celui de sa grande sœur et l’ergonomie est excellente avec l’épaulière coulissante. L’équilibrage est facile et la poignée très pratique. Seule la position de l’écran de contrôle est problématique car on ne peut plus enlever la batterie une fois installé, mais je crois que Panasonic  travaille déjà pour corriger cela.

J’ai également apprécié de pouvoir envoyer des infos (de type peaking) sur un autre viseur que le Panasonic qui est par ailleurs excellent. J’ai tourné avec des Proxys qui sont très légers et d’une qualité très correcte permettant de monter en HD très facilement. Si je devais formuler une critique à propos de cette caméra, ce serait qu’elle n'accueille qu’une seule carte d’enregistrement. Pour les tournages dans la durée ça peut être un problème mais dans un avenir proche je suppose que les cartes auront vite doublé leurs capacités.

Concernant l’image, j’ai trouvé la Lut Panasonic très intéressante à travailler : les couleurs sont toutes restituées fidèlement bien qu’un peu « saturées » parfois mais elles sont cependant très faciles à corriger. Le rendu des peaux en lumière naturelle est très doux et les dégradés dans les hautes lumières très beaux. Avec Samuel Murez, nous avions pour principe de n’étalonner que les plans qui ne nous plaisaient pas à la prise d’image (dans le side by side on peut facilement constater la qualité intrinsèque de la LUT).

Pour finir je dirais que c’est une excellente caméra. Elle est ergonomique et c’est à mon avis la plus versatile du marché, exploitable à la fois en solo ou en équipe et dans toutes les conditions d’éclairage, avec en plus une vraie signature d’image.

Steeve François

Dop

e-mail: steevefrancois@free.fr

 

Filmer de la danse avec une VariCam LT par le DoP Samuel Murez

J'aborde la captation de mes spectacles d'un point de vue particulier (et qui ne facilite pas la vie à mon D.P. Steeve François) : en termes d'image, je considère que la priorité absolue est le rendu visuel de mes lumières tel qu'il est perçu par le public dans la salle. Cela étant dit, je demande néanmoins à Steeve de nous sortir des résultats superbes à la captation...

C'est d'autant plus compliqué que j'aime beaucoup les très forts contrastes sur le plateau, que j'utilise beaucoup le noir, et que j'enchaîne souvent très rapidement des effets très tranchés. Je refuse catégoriquement de faire ce que j'ai pu voir dans d'autres contextes, c'est à dire d'adapter les éclairages de la représentation les jours de tournage, par exemple en relevant un peu les scènes les plus sombres, et en rajoutant quelques rattrapages pour faciliter la gestion des contrastes, car je considère que cela dégraderait le résultat dans l’œil du spectateur. La proposition de Steeve de tourner avec les VariCam (35 puis LT) s'est donc révélée particulièrement pertinente, puisque ses excellentes capacités en basses lumières et sa large dynamique permettent de retraduire à l'écran le rendu que j'ai créé sur scène, sans l'adapter (et donc sans le déformer).

Nous avons tourné en AVC-Intra 4k LT (obligatoire au vu de ma demande de 50p, qui me semble indispensable pour traduire fidèlement la qualité de mouvement des danseurs) en VLOG, et dès qu'on « dé-loggue » les images, le rendu brut est déjà d'une grande qualité. J'apprécie particulièrement la sensualité des tons de peaux. Dans l'ensemble le rendu des couleurs (notamment au niveau des costumes et des flux lumineux) est très plaisant quoique parfois légèrement saturé.

Il se dégage des images VariCam dans l'ensemble une impression harmonieuse et organique, voire charnelle, assez distinctive, qui me plaît beaucoup pour retraduire mon travail à l'écran. De plus, l'AVC-Intra 4k LT en VLOG laisse une excellente marge de manœuvre à l'étalonnage, que ce soit pour corriger des pics de verts dans des projecteurs qu'on peut trouver dans un théâtre, ou pour faire un choix particulier dans le niveau de détail perceptible dans les noirs.

Au final, nous n'étalonnons pas excessivement les images des VariCam. Steeve connaît bien mon travail et à la captation il pose les choses là où il faut. Du coup, en-dehors du type d'ajustements que j'ai évoqués, on n'y touche pas tant que ça parce qu'on arrive vite à quelque chose qui me plaît beaucoup.

Website: www.3e-etage.com 

Contact: Samuel Murez

e-mail: sam@3e-etage.com